Située à 40 Km du chef-lieu de la préfecture de Kindia, la commune de convergence de Bangouya avec une superficie de 2647 Km2 compte une population de 52 923 habitants dont 27 610 femmes repartis entre 22 districts et 97 secteurs.

Le 10 juin 2019, une mission du Comité National Suisse s’y est rendue pour assister à la cérémonie de déclaration publique de 25 villages d’abandon des pratiques des MGF/E (Mutilations Génitales Féminines/Excision) et de mariages d’enfants. C’était en présence des autorités de la localité Dr Doma Traoré, Chef de Cabinet du Gouvernorat de la Région de Kindia, de N’Fa Ousmane Touré, Préfet de Kindia et de Dr Guy Yogo, Représentant Adjoint de l’UNICEF en Guinée.

Hadja Mariama Djelo Diallo, grand mère des filles non excisées, racontant son histoire à la délégation Suisse Natcom — © UNICEFGuinea/M.Mmazboudi

Dans le cadre de la mise en œuvre des activités du Plan Stratégique National pour l’abandon des MGF (2016–2018) révisé en janvier 2019 avec une feuille de route pour la période 2019–2023, la Commune Rurale de Bangouya a bénéficié d’un appui pour la mise en œuvre d’un paquet d’activités de protection de l’enfant et de réponse aux violences basées sur le genre. Ainsi, les structures de SYPEG (Système de Protection des Enfants de Guinée) ont été mises en place. Elles ont contribué aux changements de comportement des familles, des leaders communautaires et religieux à travers les causeries éducatives, les dialogues communautaires et les visites à domicile.

Thierno Adjibou Sow, Imam du district de Missira, dans Bangouya — © UNICEFGuinea/M.Mmazboudi

Thierno Adjibou Sow, Imam du district de Missira témoignera : « Après avoir assisté à plusieurs séances de sensibilisation sur les méfaits des MGFs, j’ai à mon tour prêché partout où je suis passé et je réitère aujourd’hui mon engagement à abandonner ce fléau qui a gangréné notre société ».

Considérée comme un tabou, car ancrée depuis des lustres dans leurs traditions, l’excision était devenue un métier pour des dames de ces 25 villages. Mama Sayon Camara, l’

une des exciseuses témoignera : « j’excisais tout le temps les filles, mais un jour, une fille a beaucoup saigné et elle a failli y laisser sa vie. Depuis ce jour, j’ai eu peur et j’ai décidé de ne plus exciser. J’ai ensuite participé à des séances de sensibilisation qui sont venues renforcer ma position, je les en remercie ».

De gauche à Droite : Mama Sayon Camara et Bountou Camara toutes deux exciseuses traditionnelles à Bangouya en train de témoigner — © UNICEFGuinea/M.Mmazboudi

Pour sa part, Bountou Camara, exciseuse traditionnelle à Bangouya centre précisera que ce sont les leaders religieux qui sont parvenus à la convaincre d’arrêter cette pratique : « lors d’une séance de sensibilisation, les imams nous ont dit que ce n’est pas la religion qui a prescrit les mutilations génitales féminines, c’est plutôt l’ignorance qui nous a mis dans tout cela. Mais à partir de maintenant, nous nous engageons à éradiquer ce fléau dans notre communauté. Aucune excision ne se fera à Bangouya désormais », rassure-t-elle.

Après avoir suivi les séances de démonstrations et d’engagements pour l’abandon des mutilations génitales féminines et le mariage d’enfants, Tanja AnoukReprésentante de la délégation du Comité National Suisse pour UNICEF, livrera ses sentiments au nom de la délégation : « Nous sommes impressionnées par la façon dont vous vous mobilisez en faveur des droits et de la protection des enfants. Ces efforts montrent clairement que pour vous, chaque enfant est une priorité majeure.

Tanja AnoukReprésentante de la délégation du Comité National Suisse — © UNICEFGuinea/M.Mmazboudi

C’est pourquoi nous partons heureux d’avoir fait la connaissance de toutes les personnes qui ont apporté leurs contributions à ce processus important. Nous sommes fiers du partenariat qui existe entre le Gouvernement et l’UNICEF depuis déjà plusieurs années. Nous ne ménagerons aucun effort pour apporter notre soutien en vue d’améliorer les conditions garantissant le respect des droits des enfants en Guinée »

Déterminés à ne ménager aucun effort pour mettre un terme définitif à la pratique de toutes formes de violences basées sur le genre, Amadou Oury Bah, Secrétaire administratif du comité local de protection de l’enfant de Bangouya a, au nom des 25 villages, déclaré solennellement et ce, sur la base d’un consensus communautaire, l’abandon définitif de la pratique de l’excision et du mariage d’enfants dans ces communautés villageoises. Ils se sont également engagés d’une part à appuyer toute synergie de protection en faveur des enfants, à protéger à 100 % les filles non excisées et non mariées. Et d’autre part, à dénoncer toute tentative d’excision ou de mariage des filles avant ses 18 ans requis, à travers un mécanisme de surveillance communautaire et à veiller à la prise en compte de la protection dans le plan de développement local de leurs collectivités.

Amadou Oury Bah, Secrétaire administratif du comité local de protection de l’enfant de Bangouya — © UNICEFGuinea/M.Mmazboudi

Pour conclure, Dr Guy YOGO, Représentant Adjoint de l’UNICEF en Guinée, dira que : « l’UNICEF se réjouît que dans la tranche d’âge des enfants âgés de 0 à 14 ans, nous avons une baisse de 6% de la prévalence des Mutilation Génitales Féminines. Nous sommes passés de 45 % à 39 %, ceci est une dynamique positive encourageante. Et aujourd’hui, les groupements de femmes, les notables, et les leaders communautaires de la commune de convergence de Bangouyah, se sont engagés à élargir la campagne de sensibilisation pour mettre fin à cette pratique ».

Ibrahima Sory KABA UNICEF

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