À Siguiri, bastion minier de la Haute-Guinée, l’arrestation de l’activiste Moussa Diawara le 28 janvier 2026 a allumé la mèche d’une mobilisation juvénile explosive. Ce jeune leader, figure montante de la lutte contre l’exploitation illégale des ressources, incarne les tensions croissantes entre communautés locales, intérêts étrangers et autorités.

Circonstances : un signalement qui dérange

Diawara et ses camarades avaient alerté sur des activités minières clandestines menées par des étrangers dans le district de Tabakoro, sous juridiction de la commune de Siguiri. Une patrouille de gendarmerie a rapidement réagi, interpellant huit suspects dont quatre non-Guinéens. Mais le lendemain, c’est à Diawara lui-même qu’on passait les menottes. Les motifs officiels demeurent nébuleux, l’Union des Jeunes pour le Progrès de Siguiri y voyant une revanche contre ses dénonciations virulentes de la destruction environnementale – un fléau qui ronge les terres et les eaux de la région, appauvrissant les populations sans contrepartie.

Mobilisation : feu aux pneus et cri d’alarme

Le 29 janvier vers 17h, la colère a éclaté. Des centaines de jeunes ont investi les artères de Siguiri, brûlant des pneus et érigeant des barricades pour exiger la libération immédiate de leur porte-étendard. Percevant l’arrestation comme une tentative d’étouffer les voix dissidentes, ils jurent de ne pas plier. La tension persiste, avec des risques d’escalade si Diawara reste détenu, soulignant un malaise profond : dans un contexte où l’orpaillage illégal génère violence et pollution, les activistes locaux deviennent des cibles prioritaires.

Éclairage : un pattern récurrent à Siguiri

Ce cas n’est pas isolé. Siguiri, poumon aurifère de Guinée, est un terreau fertile pour les conflits. En 2020, un homonyme, Moussa Diawara présumé bandit, fut lynché à Doko pour un meurtre lié à l’orpaillage – un épisode distinct, mais révélateur d’une spirale où justice populaire et impunité minière se télescopent. Aujourd’hui, l’activisme écologiste de ce nouveau Diawara interroge : la répression cible-t-elle les vrais fauteurs de trouble ou protège-t-elle des intérêts occultes ?

Au-delà d’une arrestation, est-ce un bras de fer pour le contrôle des richesses guinéennes qui s’amorce.

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