Je suis en larmes. Le journaliste sportif et Consultant malien Mohamed Soumaré est mort à Rabat. Un ami de la Guinée nous quitte. Mohamed Soumaré et moi sommes devenus des amis, des frères intimes sur Facebook.
Il admirait véritablement et réagissait régulièrement à mes publications sur le football en général et le football guinéen en particulier, qu’il trouvait instructives et pertinentes pour le professionnel qu’il est.
De mon côté, j’admirais ses éphémérides sur les footballeurs maliens et guinéens en particulier. intitulée : AFIN QUE NUL N’OUBLIE.
Sous ce titre, il saisissait les dates anniversaires des footballeurs, particulièrement Maliens et Guinéens, pour retracer et commenter les parcours de nos stars qui ont répondu à l’appel de leur créateur. Il faisait réveiller les morts qui ont fait vibrer le public sportif.
Ce qui m’a séduit chez Mohamed Soumaré, c’est qu’il connait et sait rendre hommage aux footballeurs Guinéens mieux que les journalistes sportifs Guinéens.
Lisez ses publications aux jours anniversaires des décès des footballeurs Guinéens comme Alioune Keita N’joléa, Aly Badara Keita COLEV, Morciré Sylla, Papa Camara, Youssouf Camara Jansky, Morlaye Camara, Bangaly Sylla, Amara Touré, Diallo Ibrahima Kandia, Camara Maxime, ainsi que nos défunts journalistes comme Kabiné Kouyaté, Aboubacar Kanté, Pathé Diallo et autres Gassimou Sylla.
Par ses rappels, il est plus reconnaissant à nos légendes que nos journalistes sportifs.
C’est dans ce contexte que des liens d’amitié se sont établis et consolidés entre nous.
Il est un des premiers à réagir à mes publications sportives et vis-versa.
Je suis devenu sont grand-frère qu’il a rêvé rencontrer dès qu’il aura l’occasion de séjourner à Conakry. Nous sommes devenus intimes, sans jamais nous rencontrer.
Soumaré me prenait pour une bibliothèque que je suis loin d’être, parce qu’il voulait en savoir avec moi qu’il croit en savoir trop sur les contours et les enjeux politiques du football guinéen.
De moi, il voulait savoir.
De lui, je voulais savoir aussi.
Je lui avais promis qu’à son prochain séjour à Conakry, il logera chez moi, pas à l’hôtel !
Il en était si heureux.
Hélas. Cette visite n’aura plus jamais lieu : j’en souffre !
Le football est dans l’ADN de Mohamed Soumaré. Il fouillait dans les archives présentes et lointaines pour permettre à son lectorat de connaître ou de se souvenir des grandes célébrités qui ont meublé le football et les autres sports en Afrique.
Son Mali et la Guinée occupaient une place prioritaire dans ses recherches et ses publications.
Excellent journaliste de la lignée de Demba Coulibaly de Radio-Mali, Mohamed Soumaré était un Guinéen dans l’âme.
Qui a dit que la Guinée et le Mali sont deux poumons dans un même corps ?
Supporter du Sily national et du Hafia club de Conakry, il était de la lignée du Puissant Thiékoro Bagayogo qui laissait ses hautes fonctions pour aller voir et supporter le Syliet le Hafia.
Mohamed Soumaré aimait la Guinée.
Biographe volontaire de la plupart des anciens footballeurs guinéens, il l’a été pour la Guinée, mieux que nous les Guinéens.
À notre tour, et surtout à mon tour, de lui rendre un hommage mérité.
Tu ne pourras, hélas, publier les livres de Biographie des grands footballeurs africains, toi qui as collecté et reconstitué tant d’archives pour présenter les gloires du football africain d’hier à la jeunesse africaine d’aujourd’hui.
Ta disparition fait saigner mon cœur ; un cœur que tu as conquis par ton sens élevé d’africanité et d’humanité.
Dors bien mon frère.
À jamais je n’oublierai Mohamed, ce Soumaré qui m’a admiré et m’a pris pour son frère de lait.
Tu as aimé et servi le football africain.
Tu es mort en servant le football africain.
Puisse DIEU te réserver le PARADIS.
Mon cœur saigne encore. Et encore.
Merci pour tout, cher frère.
Dors bien !
Ibrahima Jair KEITA