Le décret présidentiel du 20 mars 2026, lu à la RTG, a limogé Moussa Condé de son poste de directeur de la Direction de la Communication et de l’Information (DCI) à la Présidence, pour « faute lourde ». Oumar Barry lui succède immédiatement, tandis que Mamadou Angelo Diallo est également relevé pour les mêmes motifs. Cette décision, signée par le général Mamadi Doumbouya, secoue Conakry en pleine transition post-coup d’État, où la communication reste un levier stratégique.

Dans une vidéo Facebook du 22 mars, Moussa Condé assume ses erreurs : transformation de son bureau en « lieu de débauche » avec des femmes, transmission d’informations confidentielles à des blogueurs, consultations de marabouts pour influencer le président, non-versement de primes aux collaborateurs, et un appel intercepté à un agent de sécurité présidentielle pour monnayer des infos sensibles. Avant ces aveux, rumeurs sur les réseaux (VisionGuinée, groupes Facebook) évoquaient des liens avec l’ancien régime et pratiques occultes.

Les réactions saluent la fermeté de Doumbouya – signal de discipline à un an d’échéances électorales – mais critiquent le manque de transparence.

Analyse juridique : les infractions évitées par la clémence

N’eut été la clémence présidentielle (simple révocation administrative sans poursuites), les actes avoués de Moussa Condé relèveraient de plusieurs infractions graves au regard du droit guinéen :

Trahison de secrets professionnels (art. 432-4 Code pénal) : Transmission d’infos confidentielles à des blogueurs et monnayage auprès d’un agent de sécurité – punissable de 2 à 5 ans de prison et amendes, surtout en contexte présidentiel (loi n° L/2018/011 sur la protection des données sensibles).

Atteintes à la morale publique et abus de fonction (art. 283 et 359 Code pénal ; Statut général de la Fonction publique, décret D/1998/208) : Débauche au bureau et consultations occultes – fautes lourdes justifiant révocation, mais pouvant mener à 1-3 ans de détention pour outrage à la dignité de l’État.

Détournement de fonds publics (art. 405 Code pénal) : Non-versement de primes – risque de 5-10 ans si prouvé comme enrichissement personnel.

Contexte CNR : En transition (Charte CNR 2021), la communication d’État est régie par décret n° D/2022/045 ; toute compromission expose à des sanctions militaires (Code de justice militaire).

Cette révocation purement administrative (art. 12 Statut Fonction publique) évite un procès public, préservant l’image du régime tout en incarnant la « rigueur » promise.

 

Momo SOUMAH pour GCO

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