Sous un ciel clément de saison sèche, la capitale guinéenne a vibré au rythme d’une journée historique : l’investiture officielle du Colonel Mamadi Doumbouya, élu président de la République à l’issue de la période de transition et des premières élections pluralistes. La cérémonie, empreinte de solennité républicaine et de ferveur populaire, a scellé le retour du pays à l’ordre constitutionnel.

Un Déroulé Protocolaire Rigoureux et Symbolique

Dès les premières heures, le Palais Sékhoutouréya, épicentre des festivités, a accueilli les invités dans un dispositif de sécurité impressionnant mais discret. Le déroulé, minutieusement chorégraphié, a alterné entre héritage protocolaire et symboles de renouveau. Le programme a commencé par l’arrivée des invités d’honneur – chefs d’État africains, représentants diplomatiques, autorités religieuses et coutumières – suivie de l’entrée solennelle du président-élu. L’après-midi fut consacrée aux actes officiels, avant de laisser place aux célébrations culturelles et au banquet de la soirée.

Une Cour Suprême Garante de la Légalité

Dans son rôle constitutionnel primordial, la Cour Suprême, représentée par son Premier Président, a ouvert la séance officielle. Après avoir rappelé l’autorité de la loi fondamentale, il a proclamé les résultats définitifs de l’élection présidentielle, validant ainsi juridiquement l’accession de Mamadi Doumbouya à la magistrature suprême. Ce moment a rappelé à tous la primauté des institutions dans la nouvelle ère démocratique.

Un Serment Solennel devant la Nation

Point d’orgue de la cérémonie, la prestation de serment s’est déroulée dans un silence religieux. La main droite levée et la gauche posée sur la Constitution, le Colonel Mamadi Doumbouya, vêtu d’un complet traditionnel en bazin blanc, a prononcé la formule sacrée d’engagement devant la Nation :
« Je jure devant Dieu et devant le Peuple Guinéen de remplir fidèlement la haute fonction qui m’est confiée, de garantir l’indépendance nationale et l’intégrité du territoire, de respecter et de faire respecter la Constitution et les lois, de protéger les droits et libertés des citoyens, et de consacrer toutes mes forces au bien-être du peuple. »
Ce geste, empreint de gravité, a été salué par une ovation nourrie de l’assistance.

Les Observations Solennelles du Procureur Général

Le Procureur Général près la Cour Suprême est ensuite intervenu pour prononcer des observations marquantes. Il a souligné, avec fermeté, l’attente de la Nation en matière de justice et de lutte contre l’impunité. « Le peuple vous observe, Monsieur le Président. Il attend que la justice soit la même pour tous, qu’elle soit indépendante et qu’elle soit rendue au nom du peuple guinéen », a-t-il déclaré, définissant ainsi un cap exigeant pour le nouveau quinquennat.

Une Adresse à la Nation Tournée vers l’Avenir

Dans son discours inaugural, d’une durée de quarante-cinq minutes, le président Doumbouya a détaillé sa vision pour la « Nouvelle Guinée ». Évoquant tour à tour la réconciliation nationale, la relance économique, la jeunesse et la souveraineté, il a fixé des objectifs clairs :
« Notre priorité absolue sera la création d’emplois pour nos jeunes. Notre fierté sera une éducation de qualité pour nos enfants. Notre bouclier sera une justice équitable pour tous. Notre ambition sera une Guinée prospère et respectée. »
Son allocution, ponctuée d’applaudissements, a été largement perçue comme un discours d’apaisement et de mobilisation collective.

Un Éclat Culturel : Les Artistes au Cœur de la Célébration

La cérémonie a brillamment intégré le patrimoine culturel guinéen. Parmi les artistes invités, on notait la présence emblématique de Mory Kanté Jr, reprenant les classiques de son père, et de la diva Sia Tolno, dont la voix puissante a électrisé l’assistance. Les ballets nationaux ont offert une prestation époustouflante, mêlant danses traditionnelles des quatre régions naturelles dans un tourbillon de couleurs et de rythmes.
La prestation des vedettes a culminé avec un hommage musical au parcours du pays, interprété par un collectif d’artistes mené par Takana Zion. Leur chanson originale, « Unité », composée pour l’occasion, a invité l’ensemble des dirigeants présents à se lever en signe de fraternité africaine, créant un moment d’émotion partagée.

Le Banquet de l’Unité à l’Hôtel Radisson Blu

La journée s’est achevée par un somptueux banquet dans les salons de l’Hôtel Radisson Blu, lieu symbolique de la Conakry moderne. Dans une ambiance conviviale mais protocolaire, près de cinq cents invités ont pris place autour de tables décorées aux couleurs nationales. Le menu, savant mélange de gastronomie internationale et de spécialités guinéennes – du riz au gras au poulet yassa en passant par les brochettes de capitaine –, a symbolisé l’ouverture du pays sur le monde tout en affirmant son identité. Ce dîner d’État fut moins un moment de festivité ostentatoire qu’un espace de dialogue informel entre le nouveau président, ses pairs africains et les partenaires internationaux.

Ainsi s’est achevée cette journée du 17 janvier 2026, qui restera dans les mémoires comme celle où la Guinée a célébré, avec dignité et espoir, la passation pacifique du pouvoir et le début d’une nouvelle ère constitutionnelle.