Le président Alpha Condé s’est adressé à la nation, ce samedi 21 mars, soit à 24 heures de la tenue du double scrutin contesté par l’opposition, le FNDC et la quasi totalité des organisations internationales.
Malgré cette évidence, le chef de l’État guinéen a tenu à rassurer du contraire. Il évoque le calme et la sérénité pendant que l’armée est déployée dans certains quartiers et du matériel électoral brûlé.
Le président Condé confiant déclare : « Ce dimanche, vous allez voter. Dans le calme, la sérénité, j’en suis convaincu. Votre choix sera déterminant pour l’avenir pour celui de tous nos frères, nos sœurs, nos filles et fils. Vous avez le pouvoir de décider de la Guinée que vous voulez construire. Conformément aux principes fondamentaux de la démocratie, seuls les citoyennes et citoyens de Guinée peuvent décider. »
En fin  stratège en communication, il implique les organisations qui ont refusé d’envoyer des observateurs, en clamant la mise en oeuvre des recommandations de celles-ci, donc, pour lui cela justifie la transparence du scrutin à partir du moment où  leurs recommandations ont été prises en compte : « La Communauté des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), l’Union africaine et l’Organisation internationale de la francophonie ont fait des recommandations, à travers les experts, qui ont été intégralement prises en compte. Nous remercions la CEDEAO et l’Union africaine dont nous sommes membres fondateurs. Nous remercions également l’Organisation internationale de la francophonie à laquelle nous appartenons de par notre histoire et de par notre culture. »
La transparence des élections est-elle une préoccupation d’Alpha Condé ?
Il en a parlé en tout cas, pour certes rassurer ses militants de sa volonté de maintenir la paix et la stabilité. Seulement, le refus d’envoyer des observateurs au compte des organisations internationales, la contestation de son projet, les arrestations arbitraires et la disparition d’opposants, ne plaident pas en sa faveur et celle de la transparence du scrutin qu’il souhaite :《Les prochaines élections vont se dérouler dans la transparence, dans le respect absolu des règles démocratiques et des usages républicains. Par-delà de certains commentaires malintentionnés à l’égard de notre pays, le scrutin de dimanche sera conforme à la loi et la règlementation de notre pays. J’en profite pour remercier le travail de la CENI sur ce sujet. Grâce aux experts envoyés par la CEDEAO, l’Union africaine et l’Organisation internationale de la francophonie, la Commission Electorale Nationale Indépendante a adapté le fichier aux recommandations de l’assistance technique internationale.》
Dans son adresse, le chef de l’État, pendant qu’il affirme de la disponibilité du matériel électoral, ce même matériel est brûlé dans certaines circonscriptions. Alpha Condé est reste convaincu que :  » La Cour constitutionnelle a supervisé et veillé à la régularité des actes préparatoires. J’en profite pour remercier tous les agents électoraux qui depuis des semaines, dans les quartiers et les villages de notre pays, travaillent d’arrache-pied pour la mise en place des conditions matérielles et réglementaires d’un scrutin transparent. »
La conclusion de l’adresse 
Pendant que le monde arrête tout pour lutter contre la pandémie du coronavirus, le président Condé lui, parle d’élections, tandis que toutes les contestation à travers le pays montrent qu’une partie du peuple n’est pas favorable à son projet, il s’adresse à ce dernier comme l’enfant chéri de la famille royale :« Je vous le redis ; ces élections sont capitales pour notre avenir. Malgré les fausses informations et les mensonges de certains, je suis sûr qu’à votre âme et conscience, vous le savez ; notre Guinée va voter une fois de plus pour prendre en main son destin. C’est un moment historique. Je connais votre envie d’aller de l’avant. Je sais vos attentes et vos espoirs. Je suis sûr que tous ensemble vous saurez faire le bon choix. Le choix d’une Guinée qui se développe, le choix d’une grande Guinée forte et rayonnante, fière et unie. »
Somme toute, il ressort de ce discours deux hypothèses : la première serait que le président est en déphasage avec les réalités sociopolitiques du pays et la deuxième serait une volonté politique expressément exécutée par le président pour l’atteinte  de son objectif ultime.
En attendant la suite, les Guinéens ont effectivement commencé à voter ce jour.
Bokhidi KENDE pour GCO
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