Le report in extremis aux calendes grecques des élections du 1er mars dernier va influencer, positivement ou négativement, c’est à voir, les prochaines échéances dont la date n’est pas encore  connue. Plus elles s’étirent, plus les partis candidats faibles financièrement, vont avoir du mal à recoller. Les déceptions et désappointements ont été exprimés de différentes manières, mais il ne peut en être autrement. Comment peut-on imaginer organiser des élections dites démocratiques sans les règles de jeu consensuelles et sans les adversaires traditionnels ? 

Le championnat national peut-il se jouer sans le Hafia, sans l’ASK, sans l’ASFAG, sans le Satellite ?

Quoiqu’en disent les souverainistes de Guinée, Alpha Condé a reporté les élections, il ne sait pas quand les reprendre, mais étant plus souverainiste que les seconds couteaux de son parti, il vient néanmoins de demander l’appui des institutions internationales dans la lutte contre plus fort que la souveraineté : coronavirus ! La Guinée ne peut pas vivre en autarcie, elle doit forcément écouter les avis de ceux auxquels elle tend la main en cas de difficulté.

On a entendu Lambert Mende, le porte-parole de Joseph Kabila, tancer sans retenue l’Union Européenne, en 1999. Où est-il ? Avant lui, il y avait notre Dadis Camara, qui a dit les mêmes choses que nos actuels « apprentis-souverainistes ». Où sont les souverainistes du Rwanda et la « Radio mille collines » après le génocide d’avril 1994 ?

Et cette machine infernale a été freinée au mois de mars, en Guinée. Il était temps. Alpha Condé n’a pas perdu la raison, ce sont ceux qui lui en veulent d’avoir freiné qui l’ont perdue. Il faut qu’ils reviennent à la raison !

Maintenant que la CEDEAO a mis son nez dans les affaires méphitiques de la Guinée pour la ramener dans le rang, le calme est revenu. Pour autant, il faut qu’elle sache que les vrais problèmes ne sont pas évalués de façon exhaustive : les 2 millions quatre cents mille et quelques de fictifs ne devraient pas être en cause, si un recensement était fait en bonne et due forme.

Il n’y a pas de statistique sur le véritable taux de croissance démographique en Guinée, mais en 2012, dans une seule aile du secteur « Prince » du quartier Yattaya très cosmopolite, qui comporte une vingtaine de concessions, il n’y avait pas six gamins. En 2020, la marmaille qui va à l’école peut remplir une classe de 30-40 élèves de première année. Les baptêmes continuent régulièrement. Les démographes devraient se pencher sur ces études avec plus de sérieux.

Autre chose plus serveuse, en 2010, le fichier consensuel comportait 4 millions 291 419 votants, ce qui correspondait à 77%. Cela veut dire que le fichier avait dans les 5 millions 573 271 d’inscrits. La Guinée était en majorité peuplée des jeunes de moins de 18 ans qui n’avaient pas pu être enrôlés. Dire que ce même fichier piétine toujours sur les mêmes chiffres, ou avoisinants, il y a des doutes. En 10 ans, n’y a-t-il pas plus d’un million qui ont atteint l’âge de voter, comme si l’horloge biologique s’est arrêtée en Guinée ?

Une étude sur l’indice de pauvreté avait fait le porte-à-porte, il y a quelques années, ce fichier pourrait édifier sur le nombre plus approximatif de la population.

Parmi les facteurs d’entrave à l’enrôlement des électeurs de l’intérieur et de l’extérieur, il y a ce manque de cartes d’identité, de passeports biométriques, de cartes consulaires entre 2018-2019. Ce problème est à revoir.

Au vu de tout ce qui est à faire ou à refaire pour permettre à tout le monde d’aller en toute quiétude aux élections, ce scrutin double ne pourra pas se tenir avant trois mois, et il y a la présidentielle qui tape déjà à la porte. Tout risque d’être bâclé, si la situation était forcée, et si tout est bâclé, il faudrait craindre à un basculement dans une situation qui rendrait la gouvernance invivable. Déjà, des apprentis terroristes commencent à confectionner des cocktails Molotov.

La sous-région n’a pas besoin d’un autre foyer incandescent. Qu’en disent les pays du G-5 ?

Une prolongation à la RD-congolaise est à envisager, si l’on veut remettre tout à plat pour avoir des élections sans problème et sans conteste pour les prochaines élections.

La Guinée doit tout faire pour éviter une autre démonstration d’orgueil pour de ne pas basculer dans l’inconnu. L’orgueil de 58 pour obtenir l’indépendance suffit, n’en rajoutez plus !

Voltaire a dit : « l’amour propre est un ballon gonflé de vent, il en sort des tempêtes quand on lui a fait une piqûre »

« Wo-araba doucement ! », comme le chantent les jeunes artistes du groupe « Banlieuz’art ». 

 

Moise SIDIBE pour GCO

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