En cette deuxième journée des manifestations déclenchées cette semaine par les membres du FNDC pour protester contre le projet d’une nouvelle constitution guinéenne, les jeunes du quartier Samatra, ont commencé très tôt ce matin à brûler les pneus sur la nouvelle voie principale qui mène de leur zone à la Transversale n°8, tout en lançant des cailloux et des propos anti pouvoir Alpha Condé! 

Ils ont ainsi régné en maîtres, les jeunes manifestants du FNDC de Samatra, jusqu’à l’arrivée des forces de l’ordre qui, à leur tour n’ont point hésité de les gazer avec des grenades lacrymogènes, appuyées par des renforts de gendarmes.

Puis les tirs de sommation se sont multipliés pour dissuader encore plus les contestataires qui disparaitront laissant place à un calme precaire sur ces lieux de tensions.

ImageC’est un peu le même spectacle qui s’est répété sur l’axe Cosa-Bembéto-Hamdallaye, où des centaines de jeunes en grappes spontanées ou organisées ont réellement « fatigué » les forces de sécurité. Des bâches de PA ont été incendiés et certaines sources affirment qu’un mort aurait été enregistré à Cosa. Ce qui porte, selon les différentes statistiques, à 5 ou à 6 victimes pour le FNDC, tandis que le gouvernement soutient toujours le bilan officiel de 2 morts enregistrés, confirmé par le ministre de l’administration du territoire et de la décentralisation, le général Bouréma Condé.

Si à Conakry ce lundi a été trouble avec des manifestations en dents de scie, disparates et désorganisées, à Labé, la mobilisation a été plutôt « civilisée », avec des organisateurs disciplinés et des forces de l’ordre plus avenantes. Ce qui a fait de cette journée un modèle de manif presque pacifique. Mais à Mamou, un projectile a atteint à la tête un gendarme qui a succombé, tandis qu’à Kankan, les manifestations ont été étouffées dans l’oeuf, et ce fief du RPG-Arc-en-ciel, les activités se sont normalement déroulées. Mais le siège local de l’UFR. Cellou Dalein parle désormais de 70 blessés.

Aujourd’hui, certains employés ont pu rejoindre leurs services et la circulation sur l’axe Matoto, sur l’autoroute Fidel Castro semblait renaître. Quelques boutiques ont rouvert. Si de ce côté de la ville, on souffle un peu, le grand marché de Madina a les rideaux baissés. Seules les marchandes aux étals vendent leurs articles. Terrés à domicile, les citoyens commentent l’actualité nationale au rythme des émissions radiotélévisées, des coups de téléphones ou de commérages de voisins de concessions.

La situation des six leaders du FNDC arrêtés et orientés vers « une direction inconnue » reste floue, même si certains observateurs affirment qu’ils seront incessamment devant la justice.

La cité bruisse cependant de rumeurs de possibles négociations, mais chaque camp reste ferme. Surtout du côté du Chef de file de l’opposition qui exige avant tout, la libération des membres du FDNC et des militants manifestants. Sans oublier la satisfaction totale des exigences relatives au renoncement du pouvoir au projet de nouvelle constitution et au référendum et à son probable troisième mandat.

Ainsi, conformément aux voeux du FNDC, les manifestations devraient irrémédiablement se poursuivre. Ce bras de fer politico-social est de nature à enflammer les tensions qui vont crescendo… La main tendue du président Alpha Condé attendra encore… pour la table de négociations.

Momo SOUMAH pour GCO

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