L’hôtel Radisson de Bamako a abrité la conférence de presse des émissaires des Nations unies venus s’enquérir de la situation sécuritaire au Mali. Occasion pour le numéro 1 de la MINUSMA de tirer au clair la situation au centre.
Pour ce rendez-vous spécial avec la presse malienne, le Représentant Spécial du Secrétaire Général des Nations Unies au Mali, était accompagné de l’Ivoirien Kacou Léon Adom , du Français François Delattre ainsi que l’Allemand Christoph Heusgen. Le patron de la MINUSMA s’est dit réconforté de la visite des Nations Unies ( UN) qui montre bien que le Mali reste une principale préoccupation. Mahamat Saleh Anadif a profité pour condamner solennellement les massacres d’Ogossagou. Il a révélé que depuis la fin de la présidentielle de 2018 , les Nations Unies ont demandé un rapport sur le Mali dans un délai de 6 mois après l’investiture du Chef de l’Etat.
Même le mandat de la MINUSMA sera à l’ordre de jour a indiqué le patron des casques bleus basés au Mali. « Le drame d’Ogossagou montre que les défis sont nombreux. Je condamne vivement et fermement les attaques des lieux car il faut que cesse la spirale de la violence » a-t-il lancé aux médias avant d’ajouter que « Une force de réaction rapide a été déployée sur les lieux. Elle contribue aussi à l’évacuation des blessés sur Sevaré ».
Réduction de la violence communautaire
Concernant les auteurs de ces massacres qui restent des éléments incontrôlés, la question du DDR est revenue dans les échanges avec la presse. A ce sujet , Anadif Mahamat a coupé court en ces termes : « Le DDR concerne les mouvements signataires de l’Accord d’Alger, pas ceux qui agissent au Centre. Par contre , il y a le programme de réduction de la violence communautaire concernant la zone auquel la MINUSMA est partie prenante ».
Les réactions de la délégation venue de New York vont dans le même sens. « Nous condamnons dans les termes les plus fermes cette attaque inqualifiable » a déclaré François Delattre non moins Président du Conseil de sécurité des Nations Unies . Il n’a pas caché que la visite de deux jours au Mali des UN a été très riche. Des échanges ont eu lieu avec la classe politique, la société civile ainsi que le gouvernement. L’Ambassadeur de France à l’ONU a noté que les interlocuteurs de la société malienne veulent unanimement mettre fin à l’inertie de l’Accord d’Alger afin qu’il soit applicable.
Sauf que Mr Delattre estime qu’il est l’heure de faire une adaptation par rapport aux besoins du terrain. Confiant que ces échanges se sont tenus en présence du ministre des affaires étrangères du Burkina Faso, le diplomate onusien a évoqué la collaboration entre le G5 et la MINUSMA. Des moyens doivent être attribués afin que son efficacité soit effective pour le bien des populations de l’espace communautaire.
Inqualifiable barbarie
Il s’agit d’un acte « d’une barbarie inqualifiable », a pour sa part déclaré Kacou Léon Adom, l’Ambassadeur de Côte d’Ivoire à l’ONU aussi membre de la visite du Conseil de sécurité au Mali.Ce séjour de 48 heures selon lui, a permis de toucher du doigt les réalités de l’heure. Le plan du G5 Sahel est à encourager car à ses yeux, il s’agit d’un modèle africain où les pays unissent leur effort autours de leur sécurité nationale commune.
De son côté, Christopher Heusgen a réaffirmé le soutien de l’Allemagne au Mali en cette période délicate. Rappelant que son pays fut le premier à reconnaître l’indépendance du 22 Septembre 1960 , il n’a pas manqué indiquer la présence des forces militaires allemandes parmi les troupes de la MINUSMA ainsi qu’à l’UNTM du côté du camp militaire de Koulikoro. « Les défis actuels sont extraordinaires certes , mais la réponses à la crise n’est pas militaire » a souligné le diplomate Allemand.
Revoir la gouvernance 
La gouvernance doit être revue selon lui ,car il faut évacuer certaines questions telles que la corruption , les VBG ainsi que la réouverture des écoles dans le Centre et des parties du Nord. Allusion faite aux zones où depuis plus d’une année voire deux ans , les cours sont arrêtés avec des milliers d’enfants abandonnés à leur propre sort.
Désormais , rendez-vous est pris aux Nations Unies à New York où des assises sur le Mali situeront sur la feuille de route à adapter aux défis de l’heure. Elle sera présidée par le ministre des affaires étrangères de France notamment Jean Yves LeDriand qui connait bien le Mali. Le mandat de la MINUSMA sera aussi à l’ordre du jour ainsi que l’accélération des volets stagnants de l’Accord pour la paix signé depuis bientôt 4 ans. A rappeler que la visite des UN en terre Mali est la 4ème du genre depuis 2013.

Idrissa KEITA pour GCO

Correspondant particulier de GCO au Mali

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