La 11e session extraordinaire de la conférence des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union africaine (U.A), tenue du 17 au 18 novembre 2018, à Addis-Abéba, en Ethiopie, a débouché sur la mise en oeuvre des réformes, portant sur la refonte de l’organisation panafricaine, en chantier depuis 2016. 
Le Congo était présent à ses assises par de son ministre en charge des affaires étrangères, de la coopération et des Congolais de l’étrangers, Jean-Claude Gakosso.
Réfléchir notamment aux moyens de garantir l’autonomie financière de l’organisation a été la mission confiée par l’Union africaine au président rwandais Paul Kagamé, en 2016. Le sommet de Nouakchott avait décidé de la tenue d’une session extraordinaire pour accélérer la reforme de l’Union, en vue d’accroitre son efficacité. Le but fondamental de cette réforme est de lui donner plus de poids politique face aux États, afin de faire appliquer, par exemple, les décisions que les dirigeants eux-mêmes adoptent. Ces sanctions seront renforcées et pourront aller de l’interdiction de parole à l’exclusion complète du pays des instances de l’Union africaine.
En outre, le président de la Commission doit devenir le véritable patron de son administration. Il sera toujours élu par les chefs d’État, alors que les ministres des Affaires étrangères éliront leurs commissaires. La Commission de l’UA devra passer de 10 à 8 membres, avec vocation à devenir plus indépendante.
Les dirigeants du continent se sont également mis d’accord sur la fait que les candidats au poste suprême de l’exécutif de l’UA passeront par un processus digne du secteur privé : CV en ligne, profession de foi, débat télévisé et grand oral face aux dirigeants. Il s’agit là de sélectionner des politiques et techniciens compétents davantage que de simples politiques bénéficiant d’arrangement entre États.
La charge a été confiée à l’actuel président de la Commission, le tchadien Moussa Faki Mahamat, avec son équipe de plancher sur une nouvelle organisation interne, en définissant le rôle de chacun, d’ici le sommet de juin prochain à Niamey, au Niger. La réforme s’appliquera progressivement, en dehors des sanctions financières qui entrent en vigueur dès à présent. La prochaine équipe de la Commission de l’UA qui sera élue en janvier 2021 le sera conformément à la réforme.
A l’ouverture des travaux, samedi dernier, le Premier ministre éthiopien, Abiy Ahmed qui accueille son premier sommet,a rappelé l’engagement de son gouvernement à réformer. « Depuis toutes ces années, de nombreuses réalisations sont à mettre au crédit de l’Union africaine mais elle est encore loin de là où elle devrait être. La bonne nouvelle, c’est que nous sommes sur le bon chemin », a-t-il déclaré.
Le président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat est revenu, quant à lui, sur le but de la création de l’Union africaine qui est d’«accélérer le projet d’intégration économique et d’unité politique qui est au cœur du panafricanisme. Tout en respectant la souveraineté de nos Etats, elle part du constat que dans le monde actuel, les souverainetés, chèrement acquises, ne peuvent être préservées que si elles sont mises en commun », a-t-il martelé.

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MIATOLOKA Boryce Agapyth

Correspondant particulier de GCO au Congo

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