Dans une tribune publiée le 03 octobre dernier, Robert Dussey, le chef de la diplomatie togolaise, négociateur en chef désigné des pays d’Afrique Caraïbes et Pacifique (ACP), lève le voile sur les attentes de ce bloc en ce qui concerne l’avenir de la coopération avec l’Union européenne (EU), après 2020.

Deux jours après l’entame, à New-York, du premier cycle des négociations sur l’avenir de l’Accord de Cotonou qui connaîtra son épilogue en 2020, le diplomate togolais appelle à plus d’ambition et d’imagination afin d’engager les deux parties à amorcer ensemble « le chemin de la prospérité ».  « Il nous faut plus d’ambition et d’imagination pour comprendre les enjeux nouveaux de notre coopération que nous souhaitons et voulons plus féconde, équitable et responsable. », affirme le professeur en philosophie politique.

Pour Robert Dussey, le nouveau paradigme, cadre dans lequel devrait s’inscrire le nouveau deal avec l’EU, devraient s’établir sur la base d’un partenariat décomplexé, bâti sur un rapport de stricte égalité. L’objectif étant de parvenir à un accord qui tient compte « des réalités et problèmes de chaque sphère géographique du groupe ACP », et corriger les couacs de l’accord de Cotonou, signé à l’orée de ce millénaire (2000).

« Les ACP espèrent moins la charité que la justice et l’équité dans les termes du futur accord de partenariat », a fait savoir Dussey.

Et de prévenir : « Le partenariat ACP-UE ne peut tenir ses promesses que s’il n’annihile pas les efforts endogènes de développement des ACP, n’induit pas le démantèlement de leurs jeunes industries et économies. ».

Pour le ministre togolais, « l’accord post-Cotonou doit aider à la réalisation du développement durable dans les pays ACP. Le droit au développement des peuples ACP, les ODD, l’accord de Paris sur les changements climatiques et l’Agenda 2063 de l’Union Africaine doivent être au cœur du futur accord de partenariat ACP-UE. ».

Selon le chef d’orchestre de l’après-Cotonou, côté ACP, les sujets à inscrire à l’agenda des négociations sont divers et toucheront des domaines telles que l’économie et l’investissement, la coopération au développement, la recherche et l’innovation technologique, les changements climatiques, la guerre à la pauvreté, la sécurité, le dialogue politique et la migration.

Sur ce dernier volet, le dirigeant africain estime qu’en dépit de leur importance et de leur l’actualité, aussi nécessaires qu’elles soient pour engager, ensemble, les deux parties, sur le chemin de la prospérité, les questions migratoires ne devraient occulter ou influencer les défis à révéler dans ce nouveau cadre politique, plus modernisé, qu’UE et ACP s’apprêtent à mettre en branle. « La question migratoire sera sans doute un point essentiel du pilier UE-Afrique de l’accord, mais elle ne doit pas éluder la pertinence des débats, impacter dans le sens négatif les termes de notre futur accord de coopération.», souligne Robert Dussey.

Cette réflexion du chef de la diplomatie togolaise émerge dans un contexte où les pays européens semblent, de plus en plus, gérer leurs relations avec l’Afrique à travers le prisme du contrôle des migrants.

Fiacre E. Kakpo

(Agence Ecofin)

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